La chaîne de la vie dans les mers
Le premier chaînon, le planton, se compose d'algues microscopiques, le phytoplancton et de tous petits animaux qui s'en nourrissent, le zooplancton. Des poissons, comme les sardines et les anchois les avalent. Ils deviendront à leur tour la proie des thons, qui seront dévorés par les dauphins et les requins. Ainsi chacun est mangé par un plus gros prédateur.
Les langoustes attrapent les restes sur les fonds. Les déchets décomposés deviennent des phosphates et des nitrates, des sels minéraux que les courants font remonter et qui nourrissent à leur tour la végétation.
En bordure du littoral, les reliefs sous-marins sont la continuité de ce qui est au dessus de l'eau avec de profondes calanques, de vertigineux tombants, des arches, des pitons élancés, de nombreuses grottes et boyaux (qui seront souvent des exurgences de rivières souterraines d'eau douce comme à Port-Miou, dont le débit moyen à l'étiage est de 4 m3/s et par temps d'orages de 150 m3/s). Toute cette côte, du Cap Canaille jusqu'aux Iles de l'Archipel de Riou, offre une diversité de plongées sous marines uniques au monde.
De toute l'Europe, les plongeurs viennent admirer les trésors que la nature et le temps ont mis en place dans un monde animé où règne le silence. La vie marine apparaît avec une incroyable exubérance selon une grande diversité biologique et une extraordinaire variété de couleurs éclatantes dans une eau très claire et un décor émouvant parsemé de vestiges historiques.
Cet exceptionnel patrimoine naturel est menacé, les espèces les plus sensibles aux pollutions régressent ou ont disparu comme le Phoque moine.
Succédant aux plages et aux tombants rocheux, de vastes prairies sous-marines tapissent les fonds : ce sont les herbiers de Posidonies, l'équivalent des forêts sur terre.
La Posidonie* (Posidonia oceanica) endémique de Méditerranée n'est pas une algue, c'est une phanérogame ou plante à fleurs qui produit un fruit ressemblant à une olive noire.
Sa reproduction est assurée par ses fruits, ses racines mais également le pollen de ses fleurs qui, au gré des courants va au passage s'accrocher aux organes femelles et assurer la fécondation.
Très sensibles aux pollutions, ces plantes marines méconnues produisent des quantités énormes d'oxygène, abritent une vie foisonnante, constituent un abri, une frayère et une source de nourriture pour les poissons et les oursins, fixent les fonds et protègent les plages des fortes mers.
L'évolution de cette espèce est curieuse : tout comme les cétacés, ces phanérogames apparues sur les terres il y a 400 millions d'années, retournent au milieu marin vers 120 millions d'années pour y conquérir les fonds jusqu'à 40 mètres et entrer en compétition avec les algues. |